vendredi 4 janvier 2013

Si vous croisez le dernier album de "Lou !", fuyez !

Il existe des BD qui rassemblent jeunes et moins jeunes. Avec ma nièce, nous avions été toutes les deux charmées par "Lou !". Ainsi, à chaque sortie d'un nouvel album, c'était une histoire que nous allions poursuivre ensemble, échanger nos impressions sur les dessins, les coloris, l'évolution de Lou, de ses copines, de ses relations avec sa maman, sa grand-mère... Bref, c'était un pur moment de partage !

Les 6 premiers albums de "Lou !"
Aussi, je découvre avec bonheur, lors d'un passage chez mon libraire, le 6ème et dernier album paru. Sitôt vu, sitôt acheté. Les yeux fermés bien-sûr...
De retour à la maison, comme d'habitude, ma nièce se précipite dessus...
Une heure après, je lui demande ses impressions : "C'est NUL !"
Les ados étant toujours assez catégoriques dans leur jugement, la réserve est de rigueur.

Alors, à mon tour je lis "Lou !". Patatras ! Je n'arrive pas à dépasser la page 20. 
Rien ne "m'accroche", l'histoire est d'une vacuité abyssale, les dessins sont bâclés, c'est du remplissage !

Une double page que n'apporte rien...

Encore une autre...
Force est de constater que c'est un album (sorti en novembre) juste pour inonder les sapins de Noël. Une BD qui va forcément se vendre car, "Lou !" nous étions des milliers à l'acheter... les yeux fermés.

En tout cas, le 7ème album ne verra jamais les rayonnages de ma bibliothèque !

mercredi 2 janvier 2013

Avec "Chère Barbara", débutez 2013 sous les meilleurs auspices !

Lorsque l'on a goûté un premier livre d'André Delauré, il est difficile de résister aux suivants. Avec "Chère Barbara", paru récemment aux éditions 100 % numérique, Storylab, une fois de plus l'auteur ne me fait pas mentir ! Ce court texte regorge de drôlerie et de surprises.

Couverture du ebook
André Delauré

Cette "chère" Barbara est une propriétaire très attachée à ses locataires. Elle noue avec Alain des relations plus qu'amicales. Ainsi, lorsqu'il décide de s'installer avec sa fiancée, c'est assez maladroitement (il faut bien l'avouer) qu'il annonce à Barbara son intention de décamper des lieux avec une femme de... vingt ans de moins qu'elle !

Barbara ne reste pas de bois et va même lui montrer de quel bois elle se chauffe !

Elle dézingue et ce dans la plus pure légalité ! Alain se retrouve coincé dans des procédures incessantes et ne voulant céder quelques plumes, y laissera sa chemise. Puisque l'injuste justice le condamne, Alain lui rendra la monnaie de sa pièce. C'est en justicier vengeur armé d'un rouleau et d'un pot de peinture rouge qu'il barbouille le douillet appartement de son ex-propriétaire/maîtresse. Mais, même la pire des propriétaires peut se révéler une indécrottable romantique...

" - Mais je t'aimais, moi ! Je t'aimais !
- Justement ! Je voulais qu'à la fin, les amants se retrouvent dans un chapitre haut en couleur ! Ah, ah, ah, ah ! C'est réussi, non ? On peut difficilement faire mieux !"

Cette collection porte bien son nom "des histoires 100 % dialoguées". Question dialogues affûtés et  histoires savoureuses André Delauré s'y connait. Il nous le démontre une fois de plus.

Cette "Chère Barbara" est parfaite sinon un goût de trop peu...

Toutes les infos pour télécharger le livre ici.

NB. Dans le coeur de chaque propriétaire sommeille un peu d'humanité et de bonté, aussi je suis certaine que Barbara se joindrait à moi pour vous souhaiter, à toutes et à tous, le meilleur pour cette nouvelle année.
;-)

dimanche 30 décembre 2012

"En route, mauvaise troupe !", le livre, lui, est excellent !

Il y a plusieurs mois, j'ai eu le plaisir de vous faire découvrir le premier livre de Françoise Colonge "Sacrée Edith !". Cette très heureuse découverte avait d'ailleurs donné lieu à un post à voir ou revoir ici.

Lorsqu'un auteur me plait, j'aime le suivre, épier ce qu'il écrit histoire de confirmer (ou pas) ma première impression. En parcourant le site de l'éditeur pure-player, Le Gaulois Nomade, j'aperçois un nouveau livre de Françoise Colonge. Sans hésitation, je télécharge son dernier roman : "En route, mauvaise troupe".

Françoise Colonge
Couverture du livre numérique

Quand un livre parvient à nous laisser des images, des mots, des sensations fortes en mémoire, des mois après avoir été lu, c'est qu'il y a, inévitablement, une rencontre qui s'est produite entre le texte et le lecteur.

Ce second livre de Françoise Colonge n'a rien de commun avec le premier (qui était un recueil de nouvelles formidables). Il s'agit là d'un roman contant la naissance et la vie d'une troupe de comédiens amateurs du Nord de la France. Tout commence par une petite annonce passée par Christine, metteuse en scène et traductrice de la pièce. Neuf bénévoles vont se manifester pour participer à ce projet de théâtre.

Neuf personnages très différents ! du quinqua qui a déjà brûlé les planches, à l'étudiante qui poursuit ses études "pour faire plaisir à papa-maman", au fonctionnaire quotidiennement rabaissé par sa femme et qui aimerait bien avoir son heure de gloire un jour, au jeune architecte imbu de sa personne, à l'étudiant en lettres  mal dans sa peau, à la cinquantenaire qui (re)commence à vivre en retrouvant un amour de jeunesse, etc.

Des liens vont se nouer, des amitiés vont naître. Tous les personnages trouvent admirablement bien leur  place dans ce ballet de comédiens dirigé avec brio. L'équilibre est parfait !

Chaque comédien prend la parole, tour à tour, pour exprimer ses sentiments sur le texte, sur les autres acteurs, sur sa vie, ses problèmes, ses doutes, etc . Drôles et sensibles, les personnages ont tous une faille.

Le roman oscille entre profondeur et émotion. Benjamin, cadet de la bande, abandonné par sa mère, aux allures de psychopathe, découvre sa vraie personnalité : "Je m'attendais à accueillir une belle-mère et c'est la perfection... J'ai pensé à Phèdre : "Je rougis, je pâlis à sa vue ; un trouble s'éleva dans mon âme éperdue".

L'humour n'est pas en reste ! Eléna dont l'admiration de ses parents n'a aucune borne : "... ma mère voulait que j'aille m'inscrire dans une agence de mannequin. Je lui ai répondu qu'avec mon mètre 55, je n'avais aucune chance d'être sélectionnée. Alors, aujourd'hui, forcément, elle m'imagine déjà au festival de Cannes..."
Ou encore Maxime, en toute modestie : "... Quant aux filles, j'ai eu toutes celles que je voulais, et même quelques unes, que je ne voulais pas (je suis trop gentil, j'ai du mal à dire non !).

La perspicacité ne vous faisant pas défaut, vous l'aurez compris, "En route, mauvaise troupe" est un roman qu'il faut lire pour passer un excellent moment !

A télécharger au format Kindle ici.

vendredi 28 décembre 2012

La love story de fin d'année de De Marque

La période de fin d'année rime inévitablement avec les envois de cartes de voeux. Cette opération, se répétant chaque année, devient un vrai casse-tête : Comment faire original ? Comment se démarquer des autres ?, etc.

De Marque, leader dans le développement de plateformes dédiées au contenu numérique, a trouvé la parade : mettre en avant leur savoir-faire et le faire savoir ! Eh bien, ils font d'une pierre deux coups :  ils utilisent leurs compétences et leur propre outil de distribution numérique.

Pour cela, ils ont concocté un livre numérique (bien sûr !) "Au royaume des livres". Un conte qui regorge  d'hu(a)mour, très joliment réalisé.

Voyez un peu le résultat en situation en cliquant ici.
Pour activer l'animation, "copier/coller" le code qui va bien : 3gy2nrakjJUdBZWo

Pour celles et ceux qui ne résistent pas à l'attente, je vous insère les images du texte.




En vous souhaitant, à toutes et à tous, de trouver votre livre charmant !

mardi 25 décembre 2012

"Bruges-la-Morte" : un livre à ressusciter !

Par ce temps pluvieux et gris, je me suis plongée dans la lecture de "Bruges-la-Morte" de Georges Rodenbach, paru chez le pure-player Belge, ONLIT EDITIONS.


Hugues Viane, veuf inconsolable, s'est retiré à Bruges pour y vivre un deuil inconsolable. Au cours d'une promenade il aperçoit, Jane, jeune danseuse, ressemblant trait pour trait (du moins en apparence) à son épouse décédée. Décidé, coûte que coûte, à faire revivre au travers de cette femme, celle qu'il ne peut oublier, chérissant ses reliques, conservant amoureusement chaque trace, il va nouer avec Jane une relation qui aboutira à un bien sombre dessein.

Ce livre nous entraîne dans la Bruges du XIXe siècle, au fil de ses canaux, de ses monuments, de ses conventions religieuses et bourgeoises. Une atmosphère empreinte de mélancolie, de poésie et de classicisme.

Le narrateur entretient sans cesse un jeu entre la morte et ses déambulations dans Bruges.

"... Hugues se sentit plus troublé encore. Depuis, la mort de sa femme, il n'avait entendu aucune musique. Il avait peur du chant des instruments. Même un accordéon dans les rues, avec son petit concert asthmatique et acidulé, lui tirait des larmes. Et aussi les orgues, à Notre-Dame et à Sainte-Walburge, le dimanche quand ils semblaient draper par-dessus les fidèles des velours noirs et des catafalques de sons."

"... La bonne matinée ! Et comme elle allait d'un pas allègre, dans le soleil clair, émue d'un cri d'oiseau, de l'odeur des jeunes pousses en ce faubourg déjà rustique où verdoient les sites choisis du Minnewater - le lac d'amour, a-t-on traduit, mais mieux encore : l'eau où l'on aime !..."

Eglise de Sainte-Walburge
Lac du Minnewater
L'histoire se dénoue, le jour de la procession du Saint-Sang.


"... La procession défilerait au quai du Rosaire, sous les fenêtres du Hugues. Jane n'avait jamais assisté au célèbre cortège et s'en montra curieuse..."


Quai du Rosaire
Jane s'invite quai du Rosaire, chez Hugues, impatiente d'évaluer sa fortune. Elle découvre alors l'intérieur resté  en l'état et agrippe une natte de cheveux blonds posés sous une cloche de verre. Elle s'en empare...

"... Hugues qui l'épiait, avec un malaise de la voir circuler là, éprouva soudain une vive souffrance de la plaisanterie inconsciemment cruelle, de l'atroce badinage qui effleurait la sainteté de la morte..."

"... Il avait saisi la chevelure que Jane tenait toujours enroulée à son cou, il voulut la reprendre !  Et farouche, hagard, il tira, serra autour du cou la tresse qui, tendue, était roide comme un câble.
Jane ne riait plus ; elle avait poussé un petit cri, un soupir, comme le souffle d'une bulle expirée à fleur d'eau. Etranglée, elle tomba."

Je vous souhaite de passer un aussi joli moment que moi avec "Bruges-la-Morte" ! C'est à la fois un texte d'une poésie délicate et une balade enchanteresse dans la Bruges du XIXe siècle...

Pour avoir toutes les infos sur les formats à télécharger, c'est ici !

lundi 24 décembre 2012

Disco Livres : c'est ce qui s'appelle un bon plan !

Nous sommes un peu, très beaucoup même :-), dans la période des cadeaux. Si vous êtes sur Paris ou proche, allez faire un tour chez un libraire affichant des prix défiant toute concurrence sur les beaux livres. Disco-Livres est une petite boutique tout en longueur, avec des rayonnages garnis du sol au plafond !

Disco-Livres au 34 avenue du Général Leclerc - 75014 PARIS
Métro ligne 4 "Mouton Duvernet" ou bus 28, 58 et 68
Deux bonnes raisons d'y aller :
1. Vous trouverez forcément une pépite à vous mettre sous la dent.
2. Vous ressortirez sans être ruiné !

Ma dernière "folie", "Femmes designers, un siècle de créations", de Marion Vignal, paru chez Aubanel, affiché à 45,00 € et payé (la somme astronomique) de 12,50 € !

Un live à 45,00 €
acheté 12,50 € sous emballage !
Allez, je ne résiste pas à l'envie de vous glisser la page consacrée à Gae Aulenti, décédée récemment...


Les livres sont neufs et vendus sous emballage.

Les libraires sont sympathiques, vous pouvez flâner des heures et feuilleter à loisir. Tous les thèmes sont représentés : la mode, l'architecture, la peinture, les voyages, les civilisations, l'astronomie, la cuisine de France et d'ailleurs, etc. Il y en a pour tous les goûts, pour les grands et les petits.

Je vous souhaite à toutes et à tous un excellent Noël !

lundi 17 décembre 2012

"Nous étions des êtres vivants" : un livre injustement passé inaperçu !

La lecture de la presse hexagonale nous convainc un peu plus chaque jour de la déliquescence des entreprises françaises... Nous n'avons pas vu Nathalie Kuperman grimpée sur une barricade, adresser une harangue à la foule, brandir son livre à bout de bras ! Dommage... Peut-être en aurions-nous, ainsi, entendu un peu plus parler !

Publié en 2010, aux Editions Gallimard, "Nous étions des êtres vivants", n'a pas eu l'écho, le retentissement médiatique mérité !

Couverture de l'édition Gallimard.
La 4ème de couverture

L'entreprise Mercandier Presse vient d'être rachetée. Le quotidien des salariés est bouleversé. Les repères inchangés, depuis des années, sont bousculés, les attitudes changent, les pions se placent, les individus compétents mais fragiles sont anéantis.

Le plus étrange est à quel point Nathalie Kuperman a su saisir l'atmosphère si particulière qui règne dans ces entreprises, pour retranscrire les émotions et les situations humaines avec une telle justesse. Toutes les bassesses sont là :

Page 57 : "Nous savons pourtant que la chance d'être ensemble s'arrêtera là où chacun devra tirer son épingle du jeu. Tirer son épingle du jeu est une expression qu'aucun de nous n'ose prononcer, mais qui fait loi, qui nous meut, nous fait errer dans le couloir en imaginant que quelque chose reste possible, en dépit de tout car nous sommes des êtres vivants, et que la vie en nous ne demande que ça : s'adapter au pire".

La plume incisive de l'auteure, décrit à merveille les ressorts mis en place, par la nouvelle direction, et appliqués à la lettre par les anciens salariés élus pour orchestrer et accomplir la basse besogne.

Ainsi, à la page 135, on peut lire :

"... Point positif : talentueuse. Elle retrouvera un poste à sa mesure et à la hauteur de ses compétences. Aucune inquiétude la concernant.
- L'obliger à partir, c'est lui rendre service.
Ainsi va le déni.
Ainsi se transforment les saloperies en bonnes actions.
Ainsi sont lavées les consciences.
Ainsi peut-on menacer, dénoncer, trahir et penser que l'on participe au grand assainissement nécessaire pour sauver une société malade".

Roman ? Ce n'est pas certain ! Tout est mis en évidence avec une telle clairvoyance ! Les méthodes de Mercandier Presse ne rappellent que trop celles d'une autre époque...

Nous sommes dans la soumission au pouvoir.

Voyez un peu, page 148, la toute fraîchement nommée directrice générale, Muriel Dupont-Delvich, désigne une collègue pour le départ :

"... J'ai donné Ariane Stein.
Et je m'en veux d'éprouver du remords.
J'ai donné Ariane Stein.
Maintenant que je ne serai plus là, cette décision me semble d'autant plus injuste. je lui retire ses chances de progresser sans moi.
J'ai donné Ariane Stein.
Il va falloir que je m'explique.
Pourquoi elle ?
Pour effacer les traces de nos disconvenances. Elle et moi, c'était elle ou moi".

Puis, qui dit soumission, dit aussi : résistance.

La même, Muriel Dupont-Delvich, en tête-à-tête avec Paul Cathéter, son PDG, alias "Gros Porc" (!) :

"Mon père a perdu la mémoire, voyez-vous. Il est atteint de la maladie d'Alzheimer. Il ne supporterait pas, s'il avait toute sa tête, de savoir que je plie sous le joug de votre gouvernance.
- Mais vous parlez du joug de ma gouvernance et, là, franchement, je ne vois pas le rapport.
- Le rapport, c'est que mon père me traiterait de collabo s'il savait que je vous ai livré un nom. Il ne me le pardonnerait pas".

"Nous étions des êtres vivants" est assurément un livre qu'il faut lire ! Tout d'abord, parce qu'il est bien écrit mais aussi et surtout parce ce qu'il nous livre avec talent et finesse une tranche de vie de notre (malheureuse) époque.

Le roman est disponible dans tous les formats. En poche, aux éditions Folio à 5,95 €, et au format numérique (epub ou pdf à 5,99 €) chez Gallimard. Vous lisez bien, le numérique est plus cher que le papier !

Disponible également chez Amazon, version Kindle (à 5,99 €), mais là, c'est la version papier qui est moins onéreuse : 5,65 €. Il y en a pour tous les goûts...

Par les temps que nous traversons, je suis certaine que vous trouverez bien à qui l'offrir à Noël !