lundi 6 avril 2015

Voyage à bord du Grand Express d'Orient avec Edmond About

Si je gagne au Loto (encore faudrait-il que j'y joue...), je réaliserai deux rêves ! Le premier sera de passer de longs mois à voyager à bord des plus beaux trains du monde, en cabine première classe, bien-entendu. Pas question de se priver du superflu quand on est millionnaire ! Bon, en attendant, j'assouvis ma passion en visitant des expositions, en usant ma souris sur le site d'un opérateur de voyages dédié aux trains mythiques...  et en lisant des livres (activité plus en accord avec mes moyens).

Livre paru dans la collection GEO

Parmi les bons ouvrages, une petite perle à découvrir signée Edmond About, "L'Orient-Express", paru aux éditions Magellan et Cie. C'est un petit livre fantastique, d'une centaine de pages, qui nous convie à un long voyage hors du temps...

Le 4 octobre 1883, le train le plus luxueux du monde quittait Paris pour Constantinople. Promis à une destinée mythique, l'Orient-Express emmenait pour ce voyage inaugural les plus grands journalistes européens. Edmond About, futur académicien et écrivain, raconte avec esprit cette traversée de l'Europe qui le laisse "ébloui et étourdi".

En effet, c'est un périple étourdissant. Le train part de Paris Gare de l'Est, direction Strasbourg, Karlsruhe, Stuttgart, Ulm, Munich, Vienne, Budapest, Bucarest et dépose ses passagers sur les rives du Danube. Faute d'avoir obtenu la concession au-delà, le train stoppe au port de Giurgewo, où un bateau assure la traversée du fleuve jusqu'à Roustchouk en Bulgarie. Ils traversent la mer Noire et débarquent sur le Bosphore au matin. Arrivés à Constantinople, après 3 094 kilomètres parcourus, les voyageurs séjournent au Pera Palace, hôtel de luxe que Georges Nagelmakers, fondateur de la Compagnie des wagons-lits et propriétaire de l'Orient Express, a fait bâtir pour ses invités de marque.

J'ai a-do-ré ce livre ! S'il s'agit bien d'un ouvrage ventant les mille bonheurs que procurent le voyage à bord de ce train, c'est aussi une réflexion sur la géopolitique de l'époque. "Georges Nagelmakers souhaitait que l'Orient Express soit le "Train de l'Europe", celui qui rapprocherait les nations de l'est et de l'ouest de l'Europe. Il oeuvrait ainsi en faveur d'une meilleure communication entre les capitales européennes et le Moyen-Orient." (page 10)

Les idéaux  humanistes de l'ingénieur belge vont être bien mis à mal. Les lignes d'Edmond About écrites en 1883, prédisent déjà le cahot qui va s'abattre sur l'Europe quelques années plus tard. "Les sacrifices que l'Empire ottoman s'est imposés coup sur coup ont laissés les Turcs de la Grèce, de la Serbie, de la Roumanie et de la Bulgarie dans une situation intolérable, qui les contraindra à s'expatrier tôt ou tard. Des malheureux, des innocents expient ainsi douloureusement les violences de leurs ancêtres. Et nous, Français des provinces de l'Est, nous dont le coeur saigne encore des abominations de la conquête, comment resterions-nous insensibles à leurs malheurs ? Notre justice et notre humanité sont mises tous les jours à d'étranges épreuves par cette liquidation européennes qui vient de commencer sous nos yeux..." (page 58)

Imaginez-vous dans votre cabine confortablement installé, traversant la Bavière de Louis II, l'Autriche-Hongrie de François-Joseph, la Serbie d'Alexandre 1er, la Bulgarie de Ferdinand et la Roumanie de Carol 1er avant d'arriver dans la Turquie d'Abdul-Hamid ! Sacrée machine à remonter le temps que ce train, n'est-ce pas ?

Une exposition s'est tenue à l'Institut du Monde Arabe à Paris, au printemps 2014, sur l'Orient-Express. Outre l'exceptionnelle richesse des pièces (mobiliers, documents, témoignages...), un wagon était à visiter sur le parvis. A cette occasion, qui ne se renouvellera pas de si tôt, j'ai pris quelques photos que je partage avec vous...

Table du wagon-restaurant

"Cuisine" du train


Cabine individuelle
Clin d'oeil à Agatha Christie...

En attendant d'embarquer, vous pouvez vous offrir un beau voyage pour la modique somme de 7 € !

samedi 28 mars 2015

"Tu seras un raté, mon fils !"... si seulement on pouvait avoir plus de "ratés" de cette trempe !

Frédéric Ferney signe un très beau livre sur Winston Churchill, "Tu seras un raté, mon fils !" Churchill et son père, paru aux éditions Albin Michel. L'auteur s'est inspiré de son biographe le plus objectif, William Manchester, ainsi que des écrits de Winston, évitant ainsi de nous livrer une énième biographie qui n'aurait nul intérêt.

La richesse du livre réside dans la description du rapport ou plutôt du non rapport existant entre Winston et son père. De cet abandon et de cette ignorance chronique, dont à fait preuve Lord Randolph, naîtra une figure politique majeure du XXème siècle.

Désespéré de ne susciter aucun amour voire le plus petit signe amical chez son père, Winston en est meurtri. "J'ai grandi dans la poche de son gilet, oublié comme un penny." (page 53)

Il persiste et voue pourtant à Lord Randolph une admiration profonde. Que n'aurait-il pas fait pour recueillir une attention, un regard ?

"Lord Randolph ne supporte pas les bons à rien et, à l'en croire, ils sont légion. C'est d'abord un homme public, soucieux de sa carrière et fier de sa lignée, comme sont père, John Winston, le septième duc de Marlborough, qui fut vice-roi d'Irlande. A neuf ans, Winston lit tous les articles qui lui sont consacrés dans les journaux, il apprend ses discours par coeur. Parfois, il voudrait mourir pourvu que son père le sache et qu'il le remarque enfin. Plus tard, il fera tout pour cela, bravant les balles des Boers et des sabres des derviches, dans une attitude de défi perpétuel. Jusqu'à sa mort, Winston sera obsédé par le sentiment d'une faute inhérente et vague. Un manquement impardonné. Une défaillance impardonnable." (page 144)

Livre paru en 2015, chez Albin Michel

Qu'importe ! Si son père l'ignore, il le surpassera ! De ce reniement paternel naît la volonté et la hargne. "Il se sait élu et prédestiné, il se croit invulnérable, même quand il doute de lui-même ou des autres - plus des autres que de lui-même : il veut être ce qu'il est, il est ce qu'il veut être. C'est pourquoi Winston est de la race de ceux qu'on préfère haïr ou adorer - lui-même ne s'étonne pas de ses ressorts et, fidèle à soi, s'en amuse sans s'admirer, s'admire sans s'aimer." (page 36)
Winston  en 1900. Photo Wikipedia


A l'instar de de Gaulle, Churchill est persuadé qu'il a un destin. L'Histoire va le lui offrir sur un plateau d'argent et lui permettre de s'accomplir...

"Churchill expire une longue bouffée de son havane dont les volutes s'estompent dans la nuit d'été. En treize ans, songe-t-il, il s'est élevé presque au sommet de l'Etat. Ah ! si son père pouvait le voir à cet instant ! Look at me, father ! C'est l'heure, c'est son heure, c'est maintenant... Regarde-moi, vieille taupe ! Puisque les Allemands veulent la guerre, on aura la guerre en Europe. Et qui va la conduire, hein ? Qui va la gagner ?... Ton fils, mon cher Papa !" (page 190)

J'ai beaucoup apprécié la plume de Frédéric Ferney qui est vive, alerte et légère. J'ai lu ce livre avec beaucoup de plaisir et de sourires. Parmi ceux-ci : "Si la patte de lapin est un porte-bonheur, expliquez-moi donc ce qui est arrivé au lapin !..." (page 216)

Frédéric Ferney a su mettre en relief un côté méconnu de Winston Churchill, nous permettant de mieux saisir le caractère de ce grand homme, jamais à court d'esprit "... Winston se laisse pousser la moustache. C'est une tentative désespérée. Il se montre très susceptible sur ce point... Une amie de sa mère se permet de lui signifier qu'elle n'apprécie ni sa politique ni sa moustache. Winston lui répond, vexé : "Madame, je ne vois aucune raison sur cette terre pour que vous entriez en contact avec l'une ou l'autre". (page 115)

Un jour Winston confie à son secrétaire "Aujourd'hui, nous sommes le 24 janvier. C'est le jour où mon père est mort. C'est le jour où je mourrai moi aussi." En effet, il ne manqua pas ce rendez-vous, le 24 janvier 1965.

En dépit du temps qui passe et des chemins, les plus glorieux soient-ils, certaines blessures ne se referment jamais.

vendredi 20 mars 2015

Vous voulez connaître (et éviter) le roman nanar 2015 ? C'est ici !

Vous avez certainement entendu parler de "La bibliothèque des coeurs cabossés". Ce foooorrmmmiiiiddddaaablllleeee roman. Tout le monde s'associe pour hisser très haut le roman de Katarina Bivald.
  • Le bandeau de l'éditeur reprenant une citation paru dans le Elle Italie, "Si vous avez aimé Le Cercle littéraire des amateurs d'épluches de patates", VOUS ALLEZ ADORER". Nous n'avons peut-être pas la même traduction...
  • Ce livre a reçu des critiques dithyrambiques de la part de la presse écrite (Elle, Cosmopolitan, Biba...)
  • Il récolte une pluie de 4* sur 10 commentaires clients sur le site Amazon !!

J'ai donc acheté ce livre les yeux fermés. Les bras m'en sont tombés.

Je suis totalement à contre courant ou à côté de la plaque (c'est comme vous voudrez). Selon moi, "La bibliothèque des coeurs cabossés", ne vaut pas tripette ! Avant de vous délester de 21,90 € pour ces 500 pages, aussi insipides qu'indigestes, réfléchissez-y à deux fois...

Le commentaire récurrent que l'on peut lire sur ce livre est : "C'est un roman qui fait du bien". Est-ce qu'un "feelgood book" doit forcément être crétin et niais ? Je ne pense pas. Non. Pour un peu on appellerait "ça", un roman "bienveillant", le grand mot du moment !

Livre paru aux éditions Denöel

L'idée de départ était pourtant bonne (même si éculée).

Sara, une jeune libraire suédoise correspond avec Amy une vieille dame vivant dans l'Iowa. Elles se lient d'amitié. Amy invite Sara à venir passer de longues vacances dans sa ville de Broken Wheel. Lorsque Sara arrive Amy vient d'être enterrée.
La population de la petite ville assoupie prend en charge notre esseulée. Toutes les caricatures sont bien présentes. George, le pauvre type alcoolique largué par sa femme, ignoré par son ado de fille. Caroline l'instit, vieille fille coincée et aigrie qui tombe amoureuse d'un jeune homo, Andy le barman homo... et TOM !!!! Le beau célibataire sur lequel Sara va flasher et avec lequel elle aimerait bien conclure et coucher.
Bon, Sara va ouvrir une librairie avec les livres d'Amy. Son visa de tourisme va expirer, et la communauté convient de marier Tom et Sara afin qu'elle puisse rester dans leur patelin paumé... J'arrête ici le résumé, je suis fatiguée rien que d'y repenser...

Mais, comment peut-on écrire un roman aussi mauvais ? Ni style, ni humour. Rien ! Seulement une fade bluette à l'eau de rose périmée, d'une mièvrerie abyssale. Rien ne sauve ce naufrage.

Je suis affligée et déçue. Un livre doit, selon moi, remplir au moins une de ces trois fonctions :

  • se démarquer par son style littéraire,
  • me transmettre un savoir, m'apprendre quelque chose,
  • me divertir, me transporter...

Quand un livre réunit tout ou partie de ces qualités, c'est une belle rencontre. Lorsqu'il n'en réunit aucune, j'ai la fâcheuse impression d'avoir été bernée...

vendredi 6 mars 2015

Princesse Camcam, j'suis toujours aussi accro !

J'ai quelque peu (mais de très peu) passé l'âge des livres jeunesse. Cependant, j'adore m'attarder dans les rayonnages des albums dédiés aux enfants (et aux grands aussi, si je veux !) L'univers qui me plait le plus est celui de Princesse Camcam.

Depuis plusieurs années, je suis une fan absolue de son travail. Princesse Camcam écrit le texte et réalise les sublimes illustrations elle-même. Un talent vraiment complet ! En 2012, je vous avais déjà présenté deux de ses albums. Je suis fidèle et récidiviste !

Aujourd'hui, focus sur deux livres parus dans une nouvelle collection et dans un nouveau format.

Le premier "Dans un vieux manoir", est une balade pleine de surprises de la cave au grenier : suivez le guide !

Un gros matou prend les choses en mains et décide de faire visiter l'imposante demeure de ses maîtres aux petits chiots de la maison. Le petit groupe commence ses pérégrinations par le salon, la cuisine, la salle à manger, la chambre "du petit humain"... jusqu'au fatal grenier. "Chut, restez bien près de moi... NON ! N'ouvrez pas !" Les chiots ouvrent le coffre où sommeillent... des souris. Le chat tombe à la renverse raide de peur ! Remis de sa frayeur, notre matou se fait des amis et s'installe dans une vieille armoire oubliée, devenue le royaume des rongeurs. Le matou devient un vrai pacha "Oh... comme c'est gentil chez vous ! Si on m'avait dit plus tôt que c'était de charmantes petites souris qui vivaient là... Encore une tartine de croquettes ? Puisque vous insistez..."
Finalement, pas si méprisables que cela les souris !
Album paru aux Editions Autrement


Dans la cuisine du manoir...

et dans la salle de bains.

Livre paru aux Editions Autrement

Le second livre, "Promenade au jardin", est aussi une pure merveille ! C'est une invitation à la rêverie, à une balade dans le parc... d'un vieux manoir.

Là aussi, des surprises à foison, de la mare au potager.

Notre matou pétochard repart avec les chiots pour de nouvelles aventures... "Dans ce vieil arbre habite une bande de ratons-laveurs. Ces animaux sournois ont toujours l'air de préparer un mauvais coup. Maman me disait d'ailleurs de m'en méfier. J'ai bien suivi son conseil et figurez-vous qu'il ne m'est jamais rien arrivé ! Ils déambulent près d'un modeste étang où dorment des grenouilles, "elles sont en outre très mal élevées : sachez en effet, petits chiens, que l'on ne dit pas "côa" mais "comment". Fat et prétentieux notre chat, "Oooooh... Vous n'aviez donc pas oublié mon anniversaire ! Quel nigaud je fais parfois. C'est une statue de moi ? Je suis très touché, merci mille fois mes amis. Mais, dites-moi... Il n'y aurait pas un peu trop de bougies sur ce gâteau ? Enfin ce n'est qu'un détail !... mais tellement attachant. 

La bande de ratons-laveurs...

et la serre des pics-verts

Les albums de Princesse Camcam sont féeriques. Elle nous ouvre un monde de poésie extraordinaire, fait de couleurs intenses et de gaieté et de dessins à croquer. Finesse des traits, délicatesse et précision, on passerait des heures sur chaque planche à scruter les détails, à soulever les caches au-dessus des dessins, à découvrir mille trésors... J'adore les livres de cette auteure qui sont de véritables oeuvres d'art que l'on garde précieusement et qui, l'espace de quelques heures, ont le pouvoir de me faire remonter le temps...

dimanche 1 mars 2015

Elizabeth Goudge pour renouer avec la littérature Victorienne

Il est toujours triste de refermer un livre qu'on a aimé. C'est un peu comme perdre un ami. On sait qu'il était là, qu'on était bien avec lui, qu'un moment passé en sa compagnie était agréable. A présent il va falloir continuer sans lui... "La Colline aux Gentianes" d'Elizabeth Goudge laisse ce goût amer de FIN. Si vous comptez Emily Brontë, Thomas Hardy ou encore Wilkie Collins parmi vos auteurs favoris, vous allez adorer Elizabeth Goudge.

Cette romancière anglaise du XXème, quelque peu méconnue, me semble t-il, écrit dans un pur style Victorien. "La Colline aux Gentianes" est un récit romanesque, religieux et mystique sur fond de guerres napoléoniennes, qui raconte la légende de la chapelle Saint-Michel, à Torquay.

Livre paru aux éditions Phébus, collection Libretto n°266

Construite au XIIIème siècle, elle a subsisté jusqu'à une époque récente. Au début du XIXème siècle, tout bateau jetant l'ancre à Torquay avec un équipage catholique devait y organiser un pèlerinage.

Anthony Louis Marie O'Connell, jeune noble de quinze ans engagé comme midship sur un navire de la marine britannique, déserte pour échapper à la peur et à la dureté de sa condition. C'est sur la colline aux gentianes, butte surmontée d'une chapelle au-dessus du port de Torquay, où les marins se rendent, que le garçon rencontrera Stella âgée de douze ans, fille adoptive d'un couple de fermiers. Stella et Zachary se lient d'amitié. Afin de garder l'anonymat, il lui donne un faux nom. "Comme tous les enfants, elle attachait aux noms une grande importance : le nom de baptême vous met en rapport avec Dieu et le nom patronymique avec votre père. Quand on possède ces deux noms, on a sa place dans le monde et l'on peut marcher en sécurité, bien encadré à droite et à gauche. Si l'on n'en a qu'un, on a subi une sorte d'amputation". (page 68)

Les deux enfants rêvent d'une autre vie et d'autres contrées...
En ces périodes de guerres et de Terreur, les personnages d'Elizabeth Goudge ne cèdent pas à la noirceur. Le docteur Crane est un des personnages central du roman. Il enseigne les sciences, la littérature, la philosophie à Stella qui en dresse un portrait : "Quand il était assis, sa tête massive et ses larges épaules donnaient à croire que sa taille dépassait de beaucoup la moyenne, mais quand il se levait, on s'apercevait qu'il était très petit ; il avait les jambes torses et était un peu bossu. Dans son jeune temps, il avait dû être d'une laideur grotesque, mais, à son âge, ses infirmités même ajoutaient à l'effet qu'il produisait ; elles renforçaient l'expression de grandeur qu'il portait sur son visage et qui exprimait la victoire remportée contre vents et marées". (page 87)

Un physique peu amène complété par, un caractère bien trempé : "Par un singulier paradoxe, le vieux docteur aimait avec une égale passion deux choses opposées : l'idéal et son contraire, la santé parfaite et la pire maladie. Mais quant aux gens prudents, qui s'abstiennent de sauter de peur de tomber, qui ferment leurs fenêtres au vent du large et verrouillent leur esprit, leur coeur et leur bourse contre les timides approches de la vérité et de la pitié, quant aux gens superficiels, papelards et égoïstes, il leur témoignait un mépris si écrasant que bien peu d'entre eux le faisaient appeler deux fois à leur chevet". (page 84)
"La Colline aux Gentianes" est un livre magique et hors du temps. Elizabeth Goudge est portée par la Bonté Divine ; elle tutoie les étoiles. Ses scènes sont comparables à des tableaux de maîtres. Elle mêle divinement alchimie, légende, grandeur et nature.

La quatrième de couverture d'un livre est toujours flatteuse mais pas toujours vraie. Ici, il est précisé que "La Colline aux Gentianes" "se situe dans le droit fil des Hauts de Hurlevent". Après lecture, je peux vous assurer que cette comparaison est tout à fait justifiée.
Elizabeth Goudge*

*La photographie est extraite d'un site qui présente une biographie de l'auteure.

jeudi 12 février 2015

Le "Tour du monde des terres françaises oubliées" : Un livre que vous n'oublierez pas !

A la question "Avec quel auteur voudriez-vous passer vos vacances ?" Pour moi, Bruno Fuligni se placerait dans le peloton de tête. Non seulement, c'est un véritable puits de connaissances, mais c'est aussi une très jolie plume assortie d'humour et d'esprit, ce qui ne gâche rien. Bruno Fuligni, c'est l'érudition sans prétention.

Avec son dernier livre "Tour du monde des terres françaises oubliées", il nous embarque dans un voyage où l'histoire se mêle souvent à l'absurde. Bruno Fuligni démontre que l'on peut écrire des livres divertissants et instructifs (sans pour autant être ch...) C'est rassurant.

143 pages d'un vrai délice ! Le "Tour du monde des terres françaises oubliées" est une invitation à découvrir les contrées les plus reculées, sauvages, mystérieuses... Leurs noms évoquent les épices, l'aventure, les rêveries baudelairiennes, le calme, la volupté... Si les grands comptoirs coloniaux Indiens résonnent encore dans nos mémoires, Mahé, Yanaon, Karibal, Pondichéry, Chandernagor, vous ne trouverez pas traces d'autres dépendances aux noms tout aussi enchanteurs : Balassore, Cassimbazar, Mazulipatam, l'aldée de Goorpordha, Kouang-Tcheou Wan... Remerciez-moi, je viens de vous lister quelques lieux sympathiques où passer vos vacances !

Plus sérieusement, cette poussière d'Inde a été administrée par un certain sieur Courjon, nommé "Fermier général des Loges". M. Courjon (qui avait visiblement pris le melon...) préféra se faire appeler, en toute simplicité, "maharadjah". La République fit donc un "grand roi" par décret ! Ce "grand homme", décidément très investi dans son rôle "quitte sa redingote et revêtit une sorte de stambouli soutaché de soie noire ; il remis dans un carton son chapeau à haute forme et entoura sa tête d'un turban jaune et brun, retenu par des épingles d'or. On le rencontra aux Champs-Elysées portant une ombrelle blanche." (page 9)
Livre paru aux (bien nommées) Editions du Trésor


Une dernière pour la route ! Saviez-vous que "chaque 1er août, à zéro heure, l'empire de la loi française s'agrandit de trois mille mètres carrés... conquis sans qu'il en coûte rien, sans effusion de sang. Hélas ! cette annexion exemplaire ne dure que six mois et, le 31 janvier suivant à minuit, le territoire gagné est rétrocédé à l'étranger". C'est pour le moins curieux, mais tout à fait authentique. C'est sur l'île des Faisans, en 1659, que Louis XIV et le roi de Castille se rencontrèrent pour signer le traité des Pyrénées, qui fît de l'île un condominium franco-espagnol. Ainsi, propriété commune des deux états souverains, ce territoire, en indivision perpétuelle entre Paris et Madrid, change d'administration tous les six mois ! (page 38)

Les sept chapitres sont tout aussi truculents et passionnants les uns que les autres. Je vous incite très vivement à céder au chant des sirènes du "Tour du monde des terres françaises oubliées".

Non, ce n'est pas le foulard de ma grand-mère que j'ai mis en vente sur eBay ! Cette carte fait partie intégrale de la couverture. Dépliée, elle présente tous les territoires français oubliés. Voyant tous ces petits drapeaux tricolores répartis sur la planète, on se sent de suite une plus grande nation. ;)


Bruno Fuligni est aussi l'auteur du succulent ouvrage intitulé "La Tortue d'Eschyle et autres morts stupides" déjà chroniqué sur ce blog. (Re)lire le billet ici.

vendredi 6 février 2015

"Le guide du Paris sucré" : un petit goût de reviens-y !

La fin de semaine s'annonce et le repos (bien attendu) aussi. Depuis quelques semaines déjà, plusieurs connaissances me harcèlent (gentiment mais tout de même) pour avoir des bons plans, de bonnes adresses où il fait bon s'asseoir tranquillement avec un livre ou entre amis, où l'on peut s'oublier et prendre son temps...


Très soucieuse de vous voir profiter de ce week-end dans les meilleurs conditions et de répondre (enfin) à mes amis, je vous présente "Le guide du Paris sucré", de Caroline Mignot, paru aux éditions du Chêne.

Pourquoi ce guide plutôt qu'un autre ?

Tout d'abord parce qu'il est récent ! Les chasseurs de nouvelles adresses et autres aficionados de pâtisseries à tomber le savent bien : certains lieux sont à peine ouverts qu'il sont déjà fermés ! Mieux vaut donc avoir un guide trrrrrrrès récent au risque de trouver porte close...

Ensuite, parce qu'il est bien conçu et complet. On y trouve facilement ce que l'on cherche (pâtisseries classiques et créatives, confiseries, glaces, chocolats...) et on repère facilement les adresses correspondantes (liste alphabétique, classement par arrondissements et par régions).
Ensuite, parce qu'il est joliment illustré. Il donne envie de tout dévorer ! La preuve ci-dessous.
Des pâtisseries pour le moins...

alléchantes !


Cependant, je suis un peu restée sur ma faim. En effet, j'aurais aimé que l'auteure dédie un chapitre de son guide aux salons de thé ! Je vais réparer cet impair en vous dévoilant mes deux meilleures adresses à Paris. Elles ont les mêmes points communs :
  • Nul besoin de chausser un cornet acoustique pour entendre les confidences de vos amis.
  • La qualité des produits est irréprochable.
  • On ne vous fera jamais sentir qu'il est temps de déguerpir pour laisser la place à d'autres.
  • Un voyage hors du temps dans un cocon de luxe et de volupté.
  • Une ambiance feutrée sans être guindée. Ni frime ni tape à l'oeil !

Le meilleur brunch et tea time :

Hôtel Le Daniel
Relais et Châteaux situé à deux pas des Champs-Elysées. Un personnel aux petits soins et un décor chaleureux. Le brunch et l'afternoon tea sont divins et les produits excellents. Scones faits maison et thé servi à discrétion. Les pâtisseries sont signées Philippe Conticini. Attention, ça change au fil des saisons. Vous pourrez somnoler dans un fauteuil ou dormir dans un canapé personne ne vous dérangera.
Réservation impérative !

Le meilleur endroit pour boire un thé.
Hôtel Régina.
C'est le dernier palace de la capitale à être encore détenu et dirigé par une famille française. Le bar de l'hôtel Régina est idéalement situé en face du Musée des Arts Décoratifs et du Jardin des Tuileries. C'est un lieu propice à la lecture, calme et spacieux. Après une bonne promenade ou visite aux musées proches, c'est l'endroit rêvé pour se détendre et se réchauffer avec un bon thé et une pâtisserie. Les douceurs viennent, pour le moment, de chez Ladurée, mais seront très bientôt remplacées par des pâtisseries concoctées par le chef pâtissier maison.
Toutes les infos.

Si vous avez aussi de bonnes adresses à partager, n'hésitez pas !